Une estampe c’est quoi au juste ?

Le mot « estampe » était déjà utilisé en ancien français sous les formes « estampe, estanpe ou stampe ». Ce mot vient de l’italien stampa, qui dérive lui même du germanique (stampfen en allemand).

Depuis 1647, on utilise le mot au sens actuel d’image imprimée au moyen d’une planche gravée. En effet, au sens strict, l’estampe désigne le résultat de l’impression d’une gravure.

L'estampe est le résultat d'une impression.
Une estampe… de japonais. C’est un thème cher à Claude Weisbuch. Il lui a notamment valu sa reconnaissance au Japon.

 

Quand à la gravure, c’est l’ensemble des techniques qui utilisent le creux ou l’incision pour produire une plaque destinée à reproduire une œuvre. Le principe consiste à inciser ou à creuser, à l’aide d’un outil ou d’un mordant, une matrice, qui après encrage, est imprimée sur du papier ou  autre support.

Aujourd’hui, par commodité, certains auteurs appellent aussi estampe, le tirage obtenu par des techniques de reproduction plus récentes comme la sérigraphie qui utilise pourtant des principes différents.

Les termes consacrés par les amateurs sont :

  • gravure, pour les résultats de l’impression d’une gravure sur une plaque de cuivre par exemple et
  • lithographiepour l’impression d’une estampe réalisée avec cette technique sur une pierre lithographique.

Estampe originale ou non ?

L’estampe originale est une œuvre de création obtenue par impression d’une matrice (ou de plusieurs matrices dans le cas d’une impression polychrome) réalisée par l’artiste lui-même, ou sous son contrôle direct. C’est ce type d’œuvre qui a la plus grande valeur.

Par l’intervention de l’artiste, l’estampe originale se distingue des autres types d’estampes. Par exemple, la copie exécutée d’après une autre gravure, l’adaptation ou reproduction d’une œuvre existante; bref toute réalisation  n’étant pas due aux mains de l’artiste.

Taille douce ou taille d’épargne ?

Il existe essentiellement deux méthodes d’impression pour les estampes: l’impression en taille d’épargne et l’impressions en taille-douce. Les outils ou produits employés variant d’une technique à l’autre, l’examen attentif d’une estampe permet de reconnaître le procédé utilisé.

L’impression en creux ou taille-douce

Elle est obtenue à partir de matrices entaillées à l’aide d’outils, ou chimiquement à l’acide. Après encrage, la matrice est essuyée afin de permettre à l’encre de se déposer dans les creux. Elle est ensuite soumise à une forte pression pour permettre à l’encre de se déposer sur le papier.

Impression d'une estampe Encrage de la matrice.
Claude Weisbuch en cours d’encrage d’une matrice en taille douce. L’encrage se fait à l’aide d’un rouleau, puis l’essuyage à l’aide d’un chiffon et du plat de la main.

Une estampe obtenue par le procédé de la gravure sur cuivre s’appelle une chalcographie. Ce procédé est l’un des plus employé par Claude Weisbuch.

Les principales techniques utilisées sont :

Le burin. C’est la technique de gravure linéaire la plus ancienne. Le déplacement du burin sur la plaque métallique provoque une entaille avec soulèvement d’un copeau spiralé. Le modelé est obtenu par une série de tailles parallèles.

La pointe sèche. C’est un autre procédé de gravure linéaire. L’outil utilisé est une aiguille d’acier très dure. Le trait obtenu à l’impression est plus fin qu’au burin.

L’eau-forte. Il s’agit d’un procédé de taille indirecte par morsure du métal par un acide. Le vernis qui recouvre la plaque métallique est dégagé afin de permettre à l’acide d’agir. On compte de nombreux procédés dérivés comme le vernis mou, l’aquatinte et la manière de crayon.

La manière noire. Ce procédé permet d’obtenir des valeurs de gris sans recourir aux hachures ou aux pointillés. La plaque grainée uniformément est grattée ou polie de façon à éclaircir progressivement les zones que l’on souhaite voir émerger du fond noir.

L’impression en relief ou taille d’épargne

Elle est obtenue à partir de matrices en relief pour lesquelles les parties non imprimantes sont éliminées mécaniquement ou chimiquement. C’est la partie saillante de la planche gravée qui est encrée. Le contact avec une forte pression sur du papier, ou un autre support, produit l’estampe.

Au sens propre un billet de banque est une estampe
Cette matrice de billets de banque est réalisée en taille d’épargne. Les parties saillantes sont celles qui seront imprimées.

inscriptions figurant sur une estampe

La légende, qui figure dans une estampe, porte le nom de « lettre ». Celle-ci peut indiquer, le nom du graveur, le nom de l’éditeur, le titre de l’œuvre, la date de sa réalisation, etc..

Depuis le milieu du 15ᵉ siècle il était coutumier d’utiliser des abréviations latines pour préciser la fonction des intervenants sur la matrice.

Par exemple : pinx. pour pinxit : peignit ; del., delin. pour delineavit : dessina ; comp. pour composuit : composa ; inv., invent. pour invenit : inventa ; sc., sculps. pour sculpsit : tailla ; f., fe., fec. pour fecit : fabriqua.

Depuis la fin du 19ᵉ siècle, ces indications ont été remplacées par des mentions manuscrites au crayon dans la marge inférieure de l’estampe.

À droite, on trouve habituellement la signature de l’artiste et éventuellement la date d’impression. À gauche peut figurer une fraction qui indique le numéro d’ordre du tirage sur le nombre total d’exemplaires réalisés. On trouve parfois aussi la mention « E.A. » réservée aux tirages préliminaires appelés épreuves d’artiste; ils peuvent être accompagnés d’une numérotation spécifique à l’épreuve d’artiste par exemple « EA 4/10 ». Des spécificités peuvent apparaître comme « 1er état », « 2ème état » dans le cas d’essais particuliers. Le titre de l’œuvre peut par ailleurs apparaître au centre, entre la fraction et la signature. Des commentaires ou des dédicaces spécifiques peuvent apparaître en bas de l’estampe.

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